vendredi 28 février 2014

Une robe et un Oscar



Elizabeth Taylor, 1961, Oscar de la meilleure actrice pour le film La Vénus au vison (BUtterfield 8).


Rihanna chez Lanvin



Après être arrivée trop en retard pour assister au défilé Balmain, Rihanna était présente au défilé Lanvin à Paris ce jeudi.
Chapeau d'homme et pièce de fourrure, ravissant !

jeudi 27 février 2014

The Monster


Chupar




Fashion Week Milano, Dsquared²



J'ai beaucoup aimé l'audace du défilé Dsquared², avec son décor de salle commune d'hôpital psychiatrique.
On y retrouve bien sûr de sévères infirmières...




... et des fashionistas à talons hauts au bout du rouleau. Entravées comme il se doit, car nous sommes tous esclaves de quelque chose, que ce soit la mode ou nos démons intérieurs.






L'ambiance m'a évoqué la mise en scène de la pièce Kliniken du Suédois Lars Norén, par Jean-Louis Martinelli au théâtre des Amandiers en 2008. J'avais adoré cette pièce !


Kliniken au théâtre Nanterre-Amandiers, 2008.

mercredi 26 février 2014

Jazzie biscuits





Fashion Week Milano, Dolce & Gabbana

Encore une très belle collection chez Dolce & Gabbana pour l'automne-hiver 2014-2015 !

Pour les Anna Karénine allant retrouver leurs amants et perdues en pleine tempête de neige, les manteaux somptueux aux capuchons de fourrure se font indispensables.









L'ambiance médiévale est également de mise, avec des cuissardes et des camails aux allures de bijoux et de vaporeuses robes dignes d'Aliènor d'Aquitaine.










Les silhouettes austères de maîtresses d'école ultra-sévères m'ont également ravie. De quoi voir les élèves s'évanouir de frayeur dès 8h30...







Enfin, le premier rang du défilé ne manquait pas d’élégance non plus.


Le modèle canadien Katie King, Monica Bellucci
et la socialite italienne Bianca Brandolini d'Adda.



Bryanston Mews

Bryanston Mews

Anne Perry
2013


Bryanston Mews est le 28ème ouvrage de la série "Charlotte et Thomas Pitt", entamée par Anne Perry en 1979 et qui lui a apporté une immense notoriété dans le domaine du polar historique.

Angleterre victorienne, dernières décennies du XIXème siècle. Charlotte Ellison est une jeune fille de la bonne société londonienne quand un drame abominable lui fait croiser le chemin de l'inspecteur de police Thomas Pitt. Esprit frondeur à l'étroit dans les conventions sociales figées de son milieu, Charlotte renonce à une existence confortable mais ennuyeuse pour épouser Pitt. Et se trouve dès lors partie prenante de ses enquêtes. Au fil des volumes, Anne Perry nous plonge dans les contradictions et les secrets nauséabonds de la société victorienne, des beaux salons de la noblesse et de la gentry  aux bas-fonds de l'extrême pauvreté londonienne, où les plus démunis paient quelques sous pour dormir à la corde. Elle évoque de nombreux lieux, de la France à l'Irlande, jusqu'aux contrées les plus éloignées d'un empire sur lequel prétendument le soleil ne se couche jamais. Et bien sûr, à mesure que passent les années, la vie personnelle et la situation sociale des Pitt se modifient. Dans des enquêtes haletantes explorant les aspects les plus sombres de l'âme humaine, le couple croise et recroise une multitude de personnages secondaires, extrêmement savoureux, auxquels on s'attache beaucoup.

A mon sens, Bryanston Mews est un policier très réussi qui renoue avec les meilleurs codes de la série. Pitt étant en effet désormais directeur de la Special Branch, un service de renseignements, les dernières aventures du couple avaient plutôt trait à l'espionnage, ce qui est nettement moins ma tasse de thé. Ce 28ème roman retrouve avec bonheur les enquêtes qui impliquent gentlemen policés et belles dames aux robes somptueuses. Charlotte et Thomas sont confrontés à de sordides affaires de viols et de meurtres dans la haute-société, qu'il leur faudra habillement démêler pour obtenir justice. Le livre se dévore !

J'ai commencé la série des "Charlotte et Thomas Pitt" près de la cheminée dans ma maison dans l'Yonne  il y a bientôt dix ans sans savoir au début qu'Anne Perry avait elle-même tout d'un personnage de polar à part entière. Il faut remonter pour cela à l'année 1994 quand sortit le film de Peter Jackson Créatures célestes (Heavenly Creatures) qui révéla Kate Winslet. Le film s'inspire d'un fait divers de 1954, l'affaire Pauline Parker-Juliet Hulme, qui a profondément marqué la Nouvelle-Zélande: deux adolescentes de 15 et 16 ans avaient assassiné la mère de l'une d'elles à coups de brique. Le film raconte le lien très fort qui s'était développé entre ces deux jeunes filles douées, à l'imagination sans limite, mais finalement si seules et si isolées qu'elles avaient fini par s'enfermer dans leur univers fantasmatique. Quand les parents ont souhaité séparer les deux adolescentes qu'ils trouvaient trop fusionnelles, elles en ont tenu pour responsable l'une des mères dont elle ont planifié l'élimination. Suscitant l'intérêt des médias, la sortie du film a donné à quelques journalistes l'envie de retrouver les deux filles qui avaient été libérées en 1959 et vivaient depuis sous de nouvelles identités. Et l'enquête a montré que la jeune Juliet Hulme était devenue Anne Perry, l'auteur à succès.
De fait, quand j'ai croisé Anne Perry à la librairie Le Divan en mai 2012 à l'occasion d'une séance de dédicace, elle m'a semblé plutôt effrayante. Mais j'ai moi aussi parfois l'imagination assez fertile...

samedi 22 février 2014

Fashion Week Milano, Moschino

Pour sa première collection à la tête de la maison italienne, le designer américain Jeremy Scott a laissé libre cours à la fantaisie qui le caractérise, lui qui créa des costumes pour Björk, Madonna ou Britney Spears.





Pourtant, pour commencer, les uniformes de fast-food revisités m'ont plutôt mise mal à l'aise. Le plus souvent, quand on n'est ni médecin ni professionnel de santé, travailler en blouse n'a rien de glamour. Étudiante, j'en avais une quand je bossais dans un supermarché où je faisais la caisse et où je cuisais du pain surgelé, et il faut drôlement prendre sur soi pour garder sa bonne humeur et poser un regard distancié sur les choses; et d'autant plus j'imagine quand c'est le job de toute une vie. De ce fait, le côté humoristique de ces looks de serveuses de frites et de nuggets m'échappe et me paraît même un peu indécent, car il touche les êtres plus que les symboles.



Par contre, les robes imprimées d'emballages de junk-food m'ont énormément plu. Voilà qui est drôle, impertinent et réussi ! La rencontre improbable entre la Fashion Week et un paquet de chips bien riche en graisses hydrogénées est assez jubilatoire. L'antagonisme par excellence se révèle finalement être les deux faces de la même pièce (de monnaie.)







J'ai adoré la robe avec les céréales Cheerios, qui m'a rappelé des œuvres de Jeff Koons.


Jeff Koons, Cut-Out,
Huile sur toile, 277.6 x 201.3 cm,
1999.


Jeff Koons, Grotto,
Huile sur toile, 299.7 x 431.8 cm,
2000.

Et rappelons également que Jeremy Scott est sans doute le seul designer de mode à avoir joué son propre rôle dans le soap opera Les feux de l'amour. L'épisode, qui date de l'été 2010, a d'ailleurs été diffusé en France ce mois-ci.


Coincé entre Lauren Fenmore et Jill Abbott,
aïe aïe aïe !

vendredi 21 février 2014

Blue Jeans


Blue Jeans


Conception, scénographie et marionnettes: Yeung Faï
Assistant à la mise en scène: Yoann Pencolé
Dramaturge: Pauline Thimonnier
Jeu et manipulation: Yeung Faï, Yoann Pencolé, Inbal Yomtovian, Jean-Pierre Leguay



Le Montfort théâtre
Paris, 15ème arrondissement
Du 4 au 15 février 2014




Blue Jeans est une proposition théâtrale originale, mêlant marionnettes et comédiens, le tout dans un espace scénique très mobile, faisant la part belle à la vidéo.

L'action se déroule en Chine. Deux fillettes naissent chez un couple de paysans pauvres. Le père ne cesse d'actionner à la seule force de ses membres une meule de pierre, cercle stérile sans fin, symbole de son asservissement. Ne pouvant subvenir aux besoins de ces deux enfants, les parents en confie une contre quelques billets, sans doute pour qu'elle soit adoptée. Humblement, au fil des ans, la vie se poursuit à la ferme, sans grandes ressources mais dans une proximité simple avec la nature. Le temps qui passe est matérialisé sur les écrans par des images successives de végétaux au fil des quatre saisons, ce qui est assez attendu mais plutôt réussi, vraiment joli. Mais dès qu'elle devient suffisamment grande, la fillette doit partir pour travailler à la ville. Elle se retrouve alors dans un environnement démesuré, bruyant et hostile, à la merci des grands capitalistes chinois qui envoient leurs enfants en Amérique et des hommes d'affaires occidentaux qui traitent avec eux.




La petite paysanne commence alors à travailler dans une usine qui fabrique des jeans, à des cadences infernales, sans droits et sans perspectives aucunes. En Occident, on retrouve sa jumelle dans une autre ville, sorte de Sin City, où les jeux vidéo semblent être la toute première préoccupation. Là-bas, Chine rime avec kung-fu. Et on se réjouit de voir les jeans en promotion.




J'étais ravie d'aller voir un spectacle avec des marionnettes, ce n'est pas si souvent. Mais voilà, Blue Jeans n'est vraiment pas très réussi.
Le propos simpliste et manichéen lasse très vite et on ressent peu de compassion pour cette petite fille malgré tout ce qu'elle traverse. Yeung Faï joue beaucoup trop sur les oppositions là où des passerelles auraient été bien plus intéressantes. Ses villes cannibales maltraitent des campagnes évoluant au rythme de la nature. Son Orient fragile est dévoré par un Occident cynique et indifférent. Tout se teinte de noir et de blanc, et dans Blue Jeans, les perspectives sont minces: la petite fille est vouée à être écrasée et les Occidentaux abêtis méritent le bûcher pour avoir acheté un pantalon en solde. La condamnation plutôt que l'union qui ferait la force...
Et qui plus est, au niveau visuel, le spectacle souffre d'un vrai problème d'échelle. Dans un décor très vaste, structuré par de grands paravents et une multitude d'écrans, les marionnettes disparaissent. Le public est si loin qu'il ne les voit pas (les deux photos sont d'ailleurs très représentatives en la matière.) J'avais vraiment envie de contempler ces marionnettes que je devinais jolies, d'admirer les traits de leurs visages et la délicatesse de leurs costumes, mais ce n'était tout simplement pas possible.
Une vraie déception...

Love etc.

jeudi 20 février 2014

Fashion Week Milano, Gucci



Dans une Fashion Week automne-hiver 2014-2015 que je trouve pour l'instant plutôt tristounette, Gucci sort vraiment du lot avec un revival late 1970's / early 1980's qui me ravit !
Bottes brillantes, vestes incroyables, robes trapèzes et cols roulés me rappellent mes tout premiers émois mode. Les drôles de dames électrisaient mon poste de télé à l'écran bombé et ma maîtresse de maternelle assortissait ses bottes et son sac à main.
Message personnel: Madame Dupain, vous étiez vraiment très chic...











Eleonora Carisi chez Max Mara

La fashion bloggeuse Eleonora Carisi, Joujou Villeroy, était au défilé Max Mara à Milan, avec un look comme je les adore: preppy, sexy et bourré d'humour. Bravo !

mardi 18 février 2014

They shoot horses, don't they ?


On achève bien les chevaux
Horace Mac Coy
1935



Les années 1930 en Californie. Même au bord du Pacifique, la grande dépression ravage le pays, réduisant à la misère le rêve américain.
C'est la grande époque des marathons de danse, ces exhibitions / compétitions qui me paraissent totalement irréelles, quand bien même je sais pertinemment qu'elles ont bel et bien existé. Des couples dansent pendant des jours, des semaines, des mois. Sans s'arrêter. Sans jamais rien faire d'autre si ce n'est satisfaire a minima les besoins vitaux des êtres humains. Dix minutes de pause toutes les deux heures permettent de dormir, de se doucher et de se faire soigner. Et les danseurs apprennent à faire tout le reste en étant toujours en mouvement, lire le journal, manger un sandwich et même gagner quelques minutes de sommeil sur l'épaule du partenaire qui vous traîne tant bien que mal. Tout, tant que les genoux ne touchent pas terre.
Les candidats, couples à la ville ou associés de hasard, sont en quête du grand prix de la victoire matérialisé par de beaux billets verts ou plus prosaïquement par l'assurance d'avoir plusieurs repas quotidiens tant que le corps tiendra le coup. Et puisque Hollywood et ses studios ne sont pas loin, le rêve (encore lui !) subsiste d'être repéré par le producteur qui donnera enfin la chance de démarrer.
Et un public pour cela, des malheureux qui viennent contempler de plus malheureux qu'eux. Et des sponsors, qui paient des tenues, des chaussures et des sweat-shirts ornés de leurs logos.
Et des événements pour relancer l'intérêt, comme les derbys inhumains, ces courses comme dans l'arène qui poussent les couples jusqu'à l'épuisement.
Notre époque post-moderne et ses shows de télé-réalité n'ont rien inventé de fondamentalement nouveau: des crucifiés volontaires et de la sauvagerie sous les paillettes.
"Le médecin n'avait pas du tout l'air d'un médecin. Il était beaucoup trop jeune.
Cent quarante-quatre couples s'étaient fait inscrire dans le marathon, mais soixante et un durent abandonner dès la première semaine. D'après le règlement, on devait danser durant une heure cinquante minutes, après quoi on avait droit à dix minutes de repos pendant lesquelles il était permis de dormir si on en avait envie. Mais, pendant ces dix minutes, on devait également se raser, se baigner, se faire soigner les pieds et tout ce qui pouvait être nécessaire...
La première semaine fut la plus pénible de toutes. Tout le monde avait les pieds et les jambes enflés... et, tout en bas, l'Océan sans cesse venait battre, battre les piles de la jetée. Avant de participer à ce marathon, je me souviens que j'adorais le Pacifique; son nom, son étendue, sa couleur, son odeur... Je restais des heures assis à le contempler, à me demander ce qu'étaient devenus les bateaux qui avaient un jour quitté le port pour ne jamais revenir, rêvant à la Chine et aux Mers du Sud, rêvant à un tas de choses... Mais plus maintenant. J'en ai assez du Pacifique. Cela me serait égal de ne plus jamais le revoir."
Pages 32 et 33.


L'histoire de On achève bien les chevaux nous est contée de l'intérieur par Robert , jeune homme qui participe au marathon avec son amie Gloria, qu'il vient tout juste de rencontrer. Le choix de ce ton direct et engagé, proche de la langue orale parfois, fait toute la force du roman, vécu de l'intérieur.
Personnage noir et cynique, sans doute bien trop réaliste pour un monde bien trop dur, Gloria cristallise toutes les douleurs de ces années 1930 à l'agonie. Et les échappatoires sont parfois définitives.

Un roman dont la lecture fait l'effet d'un uppercut, aujourd'hui encore. Et une belle adaptation cinématographique avec Jane Fonda dans le rôle de Gloria.


They shoot horses, don't they ?,
film de Sydney Pollack, USA, 1969,
avec Jane Fonda et Michael Sarrazin.

lundi 17 février 2014

jeudi 13 février 2014

Where do I begin ?







Ally MacGraw,
mai 1971.

Les chaussures de Carrie Bradshaw

Mais comment diable faisait-elle pour courir tout Manhattan si haut perchée ?!
Toutes les plus belles chaussures de Carrie Bradshaw ont été répertoriées par le studio de design The Pop Lab Chart.


samedi 8 février 2014

Samedi soir d'une dure semaine


Berlinale, Léa Seydoux et Wes Anderson

Le 64ème Internationale Filmfestspiele de Berlin s'est ouvert jeudi soir avec l'avant-première mondiale du dernier film de Wes Anderson, The Grand Budapest Hotel.




J'aime beaucoup Wes Anderson. J'ai eu la chance d'assister à une rencontre autour de son film La famille Tanenbaum au Méliès de Montreuil en 2008.
Il était à Berlin accompagné des acteurs de The Grand Budapest Hotel, dont Léa Seydoux, jolie rose Prada sur tapis rouge.


La ronde de nuit



Rembrandt
La ronde de nuit, 1642
Toile, 363 cm x 437 cm
Amsterdam, Rijksmuseum.


En 1640, dans Amsterdam la Calviniste, l'hôtel de ville a supplanté la cathédrale et il n'y a pas valeur plus importante que celle du citoyen-soldat, symbole de l'indépendance et de la liberté de la ville.

La ronde de nuit a été commandée à Rembrandt par une milice bourgeoise de schutters (chasseurs), la compagnie du capitaine Frans Banning Cocq et de son lieutenant, Willem Van Ruytenburgh. Dix-huit hommes, membres de cette compagnie, auraient donc rétribué le peintre pour qu'il réalise ce portrait collectif, auquel l'artiste va donner une dimension bien plus large.

Laissons l'universitaire en histoire et histoire de l'art, Simon Schama, nous expliquer la portée de cette Ronde de nuit.
"Une des raisons de la force du tableau, c'est l'éventail d'humanité qu'il offre, microcosme non des seules milices, mais de la grouillante cité."
Mais avant tout, l'idée majeure de l'oeuvre est celle de la propulsion:
"[...] l'irrésistible élan en avant de la compagnie de Frans Banning Cocq, réunion de figures éparses et variées s'ébranlant comme un organisme unique en émergeant des obscures profondeurs d'une grande arche, pour se diriger, au-delà du point de vue du spectateur, un peu sur sa gauche."
On comprend ainsi pourquoi dans sa pièce Rose is a rose is a rose is a rose, la dramaturge Ivana Sajko a fait du tableau un symbole de révolte naissante, l'illustration d'un mouvement de foule contenu prêt à surgir à la moindre étincelle.
Et elle n'est pas la seule à avoir été inspirée par La ronde de nuit:


Gerald Parel, avril 2012.


Dissimulé dans son œuvre, comme aux aguets, observateur attentif des hommes et de l'Histoire, que pense Rembrandt de tout ceci ? La tradition reconnaît en effet derrière Jan Visscher Cornelissen, qui brandit le drapeau de la compagnie, l’œil et le profil du peintre.


Simon Schama
Les yeux de Rembrandt, 1999
(Ed. du Seuil, 2003, pour la traduction française.)