jeudi 28 novembre 2013

Salò o le 120 giornate di Sodoma

Salò ou les 120 journées de Sodome


Réalisation: Pier Paolo Pasolini
Italie-France, 1975


D'après Les cent vingt journées de Sodome du Marquis de Sade


Avec: Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle, Aldo Valletti, Caterina Boratto, Hélène Surgère, Sonia Saviange, Elsa De Giorgi, Ines Pellegrini, etc.




Dans la république de Salò (qui porte bien son nom comme disait mon prof d'histoire de 3ème), enclave fasciste dans laquelle Mussolini s'illusionne en feignant de ne pas attendre sa chute, quatre bourgeois, notables du régime pourrissant, enlèvent neuf jeunes hommes et neuf jeunes filles et les enferment dans une grande villa afin de satisfaire fantasmes, pulsions... Les mots manquent un peu à vrai dire.

Catherine Breillat.


J'ai assisté à une séance à la cinémathèque, où le film était présenté par la cinéaste Catherine Breillat. Au moment où les lumières se sont éteintes, j'ai entendu des gens se souhaiter bonne chance. Non sans raison.

Si ce n'est répéter que le film est très violent, sans forcément en montrer tant que ça d'ailleurs, et que le spectateur reste agrippé à son siège terrassé par un sentiment de malaise, je ne sais pas trop quoi ajouter. Je ne suis pas sûre de comprendre ce que Pasolini a voulu démontrer à travers cette oeuvre qui s'est avérée être sa dernière. Le sexe n'est pas ici synonyme de liberté, comme c'est souvent le cas dans les années 1970, mais au contraire de l'asservissement le plus complet, puisqu'il nie aux êtres leur humanité jusqu'à en faire des objets. Le parallèle avec le fascisme trouve ainsi du sens, mais il est cependant critiqué dès la sortie du film, notamment par Roland Barthes, dans un article publié dans Le Monde en juin 1976 et intitulé Sade-Pasolini. Barthes estime en effet particulièrement dangereux de mêler sadisme et fascisme: "Tout ce qui irréalise le fascisme est mauvais; et tout ce qui réalise Sade est mauvais." Peut-être que l'extrême malaise vient de là et que c'est la raison pour laquelle le dégoût n'est jamais dépassé.


Salò ou les 120 journées de Sodome est donc resté pour moi du domaine de l'expérience, presque au sens de la transgression. Il m'a été impossible de penser le film.

Pier Paolo Pasolini a été assassiné à Ostie le 1er novembre 1975, avant la sortie du film. Un article de Cécile Collette, publié dans le numéro d'octobre de Vanity Fair et intitulé Le théorème irrésolu de Pasolini, revient sur les circonstances du crime et sur l'enquête.

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