mercredi 31 juillet 2013

Créoles d'émeraudes et de péridots

Vues dans le Vogue Paris du mois d'août...



De magnifiques créoles de la maison genevoise De Grisogono, de la collection "Melody of Colours", composées de 126 gouttes de péridots et de 514 émeraudes.
Je leur trouve un petit côté mexicain et je les aurais bien vues aux oreilles de Frida Kahlo.
Une chose est sûre, les chances qu'elles ornent un jour le lobe des miennes sont pour le moins infinitésimales...

mardi 30 juillet 2013

Patricia Arquette aka Allison Dubois


La série TV Medium, crée par Glenn Gordon Caron et dont les 7 saisons ont été diffusées entre 2005 et 2011, n'est certes pas ma préférée. Bien qu'assez originale et avec certaines intrigues bien tournées, elle est tout de même un peu réac dans son rapport à la justice, à la peine de mort et à la famille. Qui plus est, les communications en direct avec l'au-delà ne sont pas spécialement ma tasse de thé.
"Allô la mort ?! Ne quittez pas..."
 
 
 
Mais j'aime beaucoup Patricia Arquette en mère de famille américaine plongée dans les crimes white trash du désert de l'Arizona. Qu'elle soit pimpante ou engoncée dans les pires pyjamas à fleurs de toute la création, les traits de son visage sont parmi les plus harmonieux et les plus beaux de toute la télévision US.

En direct du Festival d'Avignon avec Orélien Péréol

Chaque année, mon ami Orélien Péréol, passionné de théâtre et d'écriture, se rend au Festival d'Avignon où il assiste à de nombreux spectacles.
 
Il en a chroniqué certains et vous pouvez retrouver ses articles sur le site Agoravox. Je vous les conseille vivement, car c'est presque un petit voyage express en Avignon, où, d'après ce que j'en sais, il s'est beaucoup amusé cette année.
 
Voici donc les sept articles qui racontent et analysent les représentations qui l'ont le plus marqué.
 
  
- Betty Colls, un texte et une mise en scène de Paul Jeanson.
 
- On a fait tout ce qu'on a pu mais tout s'est passé comme d'habitude, un spectacle de Philippe Fenwick, mis en scène par Philippe Fenwick et Frédéric Duzan.
 
- Hold On: ne quittez pas (ou accrochez-vous), écriture collective LE LAABO et mise en scène d'Anne Astolfe.

- Napoléon... au rapport !, de Soizik Moreau.

- Trois femmes seules en scène, article qui revient sur trois spectacles:
J'ai le type même d'une fille sans type, texte de Xavier Durringer et mise en scène de Raphaël Beauville, La jeune fille et la morve, mise en scène Mathieu Jedrazak, et enfin Le bouton de rose, mise en scène de Laurent Lévy.

- 5 sur 5, la maladie du pouvoir, cinq textes courts d'Octave Mirbeau.

- Paradoxe(s), d'Olivier Desmaris.




Orélien a également assisté à une conférence-débat d'Adrien Aumont, fondateur du site de crowdfundind KissKissBankBank.
Voici ce qu'il en a retenu: De nouveaux financements pour la culture via le Net ?
Apparemment, cette thématique n'est pas sans rappeler celle de la pièce On a fait comme on a pu mais tout s'est passé comme d'habitude...

Masqué - Anomalies

Masqué
 
Bande-dessinée, 2012.
Tome 1: Anomalies
 
Scénario: Serge Lehman.
Dessin: Stéphane Créty.
Encrage: Julien Hugonnard-Bert.
Couleur: Gaétan Georges.

 
Masqué réunit un scénario original et passionnant et un univers graphique de toute beauté. Si vous ne l'avez pas encore croisée chez votre libraire ou à la bibliothèque, c'est vraiment la BD à découvrir de toute urgence en cet été 2013.
Anomalies est le premier tome de la série qui en compte quatre, le dernier étant sorti ce printemps.
 

 
"Blessé au cours d'une mission dans le Caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d'absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le préfet Beauregard: Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les "anomalies", événements mystérieux que nul ne peut expliquer. Une ville qui va s'emparer de Braffort et lier leurs destins à jamais..."
 
Ce premier tome de Masqué, qui présente surtout les personnages de la saga et plante le décor, dessine un Paris d'anticipation extrêmement abouti. Une capitale moderne, étonnante et un brin terrifiante, mais que l'on reconnaît totalement. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, ce qui n'est pas si facile à réussir. Quelques exemples. Le 13ème arrondissement fait partie d'un nouveau district mais est toujours le quartier chinois. Les véhicules volent au-dessus de la Seine mais sont estampillés Renault. Et malgré les phénomènes inexpliqués, les petits rades de Paris, avec leurs comptoirs et leurs petites tables qui sont comme un concentré de l'existence, restent les petits rades de Paris.
Le concept de "gigantisme rétro", qui allie aux buildings et aux prouesses technologiques une esthétique Art Déco des années 1920, dans l'architecture comme dans la mode, a un rendu tout simplement sublime.
 
Si l'on ajoute à cette ambiance captivante les prémices d'une intrigue originale et angoissante, on referme Anomalies en réclamant la suite.
Je l'ai réservée à la bibliothèque, mais le temps me paraît bien long...

dimanche 28 juillet 2013

On the Waterfront

Sur les quais
 
Réalisateur: Elia Kazan.
U.S.A., 1955.
 
Avec: Marlon Brando, Karl Malden, Eva Marie Saint.



Sur les quais est un film construit autour d'un beau personnage, celui de Terry Malloy, jeune docker et ancien boxeur. Et, pour l'incarner avec une profondeur à la mesure du rôle, un acteur de génie, Marlon Brando, magnétique, animal et fragile.

New-York. Le syndicat des dockers, gangrené par une organisation maffieuse, ne cesse de s'enrichir au détriment des travailleurs qu'il raquette et qu'il contribue grandement à asservir et à appauvrir. Nul n'ose se rebeller et ceux qui se risquent à parler sont réduits au silence par des méthodes expéditives. Terry Malloy est donc un jeune docker, ancien boxeur raté, vaguement méprisé du fait de sa bêtise supposée, mais dont le frère aîné est l'avocat véreux du syndicat corrompu. Presque malgré lui, Terry participe à l'assassinat d'un docker qui s'apprêtait à faire des révélations à la police, en l'attirant sur le toit de son immeuble sous un prétexte fallacieux, croyant qu'il sera simplement intimidé alors que le crime était bel et bien prémédité. En découvrant la mort de l'homme, Malloy se sent mal à l'aise, trompé par ceux qu'il croyait ses amis et qui ne font en définitive que le manipuler. Car qu'obtient-il en échange de son silence et de sa docilité ? Une planque minable au "grenier", partie des cargos où il est possible de feuilleter des illustrés couchés sur les sacs de marchandises. Il reste avec sa veste usée jusqu'à la corde quand les pontes du syndicat portent beau en manteau en poils de chameaux. Et malgré tous ses efforts pour retourner à sa vie passée, le doute et la culpabilité ne vont plus quitter Malloy, d'autant que la sœur du docker assassiné et le curé de la paroisse - Karl Malden magistral, tout en puissance - se battent pour faire triompher la vérité et lui ouvrent peu à peu les yeux. Terry finit par comprendre que sa carrière de boxeur, pourtant prometteuse, a déjà été avortée par son frère et ses amis à des fins de paris truqués. Se sentant injustement dédaigné, Malloy va reconquérir dignité et humanité, non pas par la vengeance des armes, mais par le fait de faire respecter ses droits aux yeux de tous.




Basé sur l'enquête du journaliste Malcolm Johnson, Sur les quais a un côté un peu documentaire, avec un point de vue souvent réaliste et des images jamais esthétisées. Il flirte également avec le film noir, dans des ambiances de gangsters et d'arrière-salles de bars un peu glauques. Il a aussi un côté indéniablement politique, évoquant au final l'action collective et la reconquête du syndicat par les travailleurs, même si dans ce domaine, Kazan reste plutôt timide et préfère faire de son personnage un symbole, parfois presque christique, puisqu'il souffre dans sa chair pour l'émancipation de ses camarades. Malloy est un véritable personnage de tragédie, qui cristallise les aspirations collectives et endosse la responsabilité du destin des dockers, comme il endosse le blouson de celui qui a été assassiné, faisant de lui un homme nouveau.

De ce fait, de part ce côté multiple parfois déstabilisant et malgré d'indéniables qualités dramatiques, Sur les quais est une œuvre qui interroge. Quel était le but de Kazan ? Après avoir vu le film avec un réel plaisir, j'avoue néanmoins ne pas être capable de répondre à cette question de façon très claire. Réalisateur au parcours controversé suite à son positionnement durant la période de la chasse aux sorcières du Maccarthysme, Elia Kazan a sans doute mis beaucoup de lui-même dans Sur les quais, qui sonne parfois comme une tentative de justification.

samedi 27 juillet 2013

Circé



Circé a 9 ans. Elle est née un dimanche matin dans le placard de la salle de bain de ma maison dans l'Yonne et a donc grandi à la campagne, entre un feu de cheminée, un petit ru et une cour fleurie au printemps.
Comme elle passait beaucoup de temps endormie sur mon canapé, j'ai décidé de l'emmener avec moi quand je suis venue à Paris, me disant qu'elle ne serait pas beaucoup dépaysée dans un tout petit appartement. Je crois avoir eu plutôt raison et le fait est que Circé ne m'a jamais quittée.
 
 
Très craintive, elle déteste les gens qu'elle ne connaît pas et les jeunes filles qui viennent la nourrir l'été quand je suis en vacances l'aperçoivent à peine. Mais elle aime toujours les hommes qui m'accompagnent, parfois d'ailleurs beaucoup plus que moi...
Elle partage sa vie entre sa gamelle de croquettes Monoprix, ses longues siestes sur mon oreiller, ses observations de la rue depuis la fenêtre le soir tombé et quelques courses après ses petites balles multicolores, de préférence sur le coup d'une heure du matin, quand l'immeuble est assoupi.
 
Circé est la petite chatte la plus gentille que je connaisse. Je l'aime vraiment beaucoup.

jeudi 25 juillet 2013

Le double jeu d'Asia Argento


Bernadette Lafont

Avant d'être la vieille dame pétillante que nous connaissions tous, Bernadette Lafont était juste une bombe !
Magnifique comédienne pour Truffaut, Chabrol, etc.
 


Les parapluies de Cherbourg

 
Les Parapluies de Cherbourg
 
 
Réalisateur: Jacques Demy.
France-Allemagne, 1964.
 
Musique: Michel Legrand.
Avec: Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo, Anne Vernon, Marc Michel.
 
 
 
Les films de Jacques Demy sont si particuliers qu'on ne peut selon moi que les aimer profondément ou les détester sans appel. J'ai choisi mon camp.
De ses films je dirais surtout qu'ils sont libres, dans le sens où toute concession (à la mode, à ce que l'on imagine être le goût du public, ou autre...) semble être totalement exclue. L'univers de Demy ne se discute pas; c'est un tout, qui se répond de film en film et qu'il faut accepter dans son ensemble, avec ses obsessions, ses couleurs éclatantes, sa noirceur mélancolique et bien sûr la musique de Michel Legrand.

Les parapluies de Cherbourg, c'est le nom d'une boutique tenue par une veuve et sa fille de 17 ans, Geneviève. La jeune fille fréquente Guy, un mécanicien de 20 ans: tous deux s'aiment passionnément et veulent se marier. Mais le garçon doit partir pour la guerre en Algérie et Geneviève découvre qu'elle est enceinte. Et leur vie ne sera pas telle qu'ils l'avaient imaginée.

Les parapluies de Cherbourg est un film entièrement chanté, y compris quand deux ouvriers portant une très lourde machine à laver apostrophent un importun: "Ben pousse ta viande !"  Mais contrairement aux Demoiselles de Rochefort, il n' y a pas de scènes dansées.
Alors un film en-chanté, comme le mentionne malicieusement une affiche d'époque ? Oui, il y a de cela, car les mélodies enveloppent le spectateur et l'entraînent à la manière d'un sortilège. Cependant, cette forme musicale n'arrache pas au réel, qui est toujours présent, qui a même le dernier mot si l'on peut dire; la musique et les couleurs pop avant l'heure créent une forme d'attention plus soutenue et la réalité, somme toute banale et partagée, apparaît au final beaucoup plus âpre et plus tragique. Car chez Demy, toujours la gaieté côtoie la tristesse.
Les couleurs éclatantes, absolument magnifiques, qu'il affectionne tant, nous décrivent une France de la fin des années 1950, joyeuse, prospère, déjà loin de la guerre et de ses privations, prête aux révolutions sociales de la décennie suivante. Mais derrière apparaît noire et menaçante la guerre d'Algérie.
L'amour aussi est joie, promesse et tourbillon, mais se dressent très vite l'absence, l'angoisse et l'heure des choix.


La dernière scène, dans la station service sous la neige, où les anciens amants se recroisent par hasard, m'a bouleversée aux larmes. Dans Les parapluies de Cherbourg, on ne meurt pas d'amour, on continue à vivre et c'est cela qui est terrible. Perdre un amour est une chose, tragique en soi. Mais derrière cet échec, c'est aussi une part de soi-même à laquelle il faut renoncer. Cette part de nous, colorée et enchantée, capable de promettre et de croire, capable de mourir d'amour.

Michelle Williams & Louis Vuitton

La comédienne, très en beauté et particulièrement glamour, est la nouvelle égérie Louis Vuitton pour la campagne Automne / Hiver 2013.
 

mercredi 24 juillet 2013

октябрь

Octobre
 
Film muet.
URSS, 1927.
 
Réalisateur: Sergueï M. Eisenstein.
Scénario:  Sergueï M. Eisenstein et Grigori Aleksandrov.
Musique: Edmund Meisel.
 
D'après: Dix jours qui ébranlèrent le monde de John Reed.
 
Vu au Forum des images dans le cadre du Festival Paris Cinéma.



Quand je suis sortie de la projection d'Octobre, j'avais beau avoir les aiguilles de ma montre sous les yeux, c'était pourtant  bien écrit noir sur blanc sur le programme, mais je ne parvenais pas à croire que le film ait duré deux heures tant il m'avait laissé le sentiment d'un temps comme suspendu de part son intensité. Pour moi, ce côté totalement captivant est d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'une œuvre muette, tout de même assez éloignée de ce qui peuple notre univers cinématographique actuel.

Sur le fond comme sur la forme, Octobre est une œuvre majeure.
Film de commande réalisé pour le dixième anniversaire de la Révolution, il est tombé dans l'oubli avant d'être redécouvert dans les années 1960. Comme on peut aisément l'imaginer, Staline ne le trouvait pas à son goût, d'autant qu'on y voit beaucoup Trotsky alors que "le petit père des peuples"... pas du tout !
Octobre est donc un film muet mais l'image est saturée d'informations: certaines concernant le déroulement de l'action immédiate, d'autres ayant un caractère symbolique, historique ou encore en lien avec la psychologie humaine. Grâce à un montage ultra dynamique qui confère pratiquement à la virtuosité, grâce à une attention particulière portée à la symbolique des objets, le spectateur est entraîné dans le rythme de cette fresque historique, complexe dans le bon sens du terme.
Octobre raconte donc la prise du Palais d'Hiver de Petrograd et les jours qui l'ont précédée. On ne saurait tout détailler sans y consacrer un texte d'envergure tant le contenu en est riche; je m'arrêterai donc uniquement de façon très arbitraire sur les passages qui m'ont tout particulièrement marquée.

Eisenstein replace la Révolution dans son contexte historique qui est celui de la première guerre mondiale, des combats meurtriers, des fraternisations sur le front et de la misère des populations à l'arrière.
Il décrit la trahison du gouvernement, avec ses membres qui se cachent sous des coussins pour ne pas voir, avant pour certains de fuir, comme Kerenski dans l'automobile de l'ambassade des États-Unis lancée à toute allure. Évocation directe de la révolution française, ils sont comparés à Bonaparte, archétype du traite, représenté par une statuette qui se brise et qu'il faut briser.
Pendant ce temps, la Révolution s'organise, avec les tensions entre Bolcheviks et Mencheviks - on voit grimé et assis dans un couloir, Lénine, dont les pieds qui s'agitent décrivent l'impatience et le désir de l'action. Le rapprochement des différents peuples de l'empire est exprimé par une scène de danse de toute beauté dans un campement à la nuit tombée.





Les tsars, Nicolas II et sa famille n'apparaissent jamais en chair et en os, mais sous la forme d'une statue colossale et de portraits picturaux ou photographiques, renforçant ainsi leur poids symbolique. Lors de la prise du palais d'Hiver, dans les appartements somptueux de la tsarine, deux catégories d'objets, tous très luxueux, sont mis en parallèle: les objets liturgiques et tout ce qui se trouve dans les latrines et autres cabinets de toilette. Façon très efficace pour Eisenstein de démontrer que malgré la force de l'idéologie, les hommes ne sont jamais des dieux.
D'une esthétique sublime mais sans concession, la course des masses dans Petrograd est hypnotisante, avec notamment la scène où un homme escalade les grilles du Palais d'Hiver qui finissent par céder sous la pression du peuple.




Et ce ne sont là que quelques scènes qui ont particulièrement marqué ma mémoire. Sans doute que je pourrais revoir Octobre plusieurs fois en y découvrant toujours de nouveaux éléments, ce qui est le propre des chefs-d'œuvre peut-être.
En 1917, les Bolcheviks ont voulu inventer un ordre nouveau.
Dix ans plus tard, Eisenstein, membre éminent de l'avant-garde russe, a inventé un langage cinématographique.

dimanche 21 juillet 2013

Dimanche après-midi

Et quand le lundi matin n'a absolument aucune signification, c'est encore mieux.
 
 

Les galeries d'anatomie comparée et de paléontologie du Jardin des Plantes

C'est toujours passionnant d'aller flâner au Muséum d'Histoire Naturelle. Les pièces ont bien sûr un intérêt scientifique de tout premier ordre, mais même quand on jette sur tout cela un regard très amateur, comme c'est mon cas, il émane de ces collections savamment mises en scène dans l'esprit même de la fin du XIXème siècle, une poésie doucement désuète, propice aux voyages immobiles et à la rêverie.
Les galeries d'anatomie comparée et de paléontologie ont été inaugurées en 1898. Le bâtiment a été construit selon les plans de l'architecte Ferdinand Dutert dans le goût de l'époque: constructions à poutrelles et consoles métalliques associées à la pierre. La décoration, réalisée notamment par L. Bonnier et E. Robert, est d'inspiration naturaliste, annonçant les prémisses de l'Art Nouveau.
 
 
Le rez-de-chaussée accueille la galerie d'anatomie comparée, avec environ 1000 squelettes qui proviennent des grandes missions des voyageurs naturalistes des XVIIIème et XIXème siècles, de la Ménagerie du jardin des Plantes et de l'ancienne galerie de Cuvier.





Baleinoptère Rorqual
Balænoptera Musculus (Fleming)
Tête du sujet échoué à l'embouchure de l'Adour en 1823.
"Cette galerie se visite comme une bibliothèque d'objets renfermant presque tous les vertébrés contemporains.
L'anatomie comparée consiste à rechercher les différences et les ressemblances permettant de distinguer et classer les espèces ou les groupes plus vastes (Ordre, Famille...)"









Hippopotame
Hippopotamus
Hippopotamus amphibius
Rapporté de Port Natal par A. Delegorgue lors de son voyage en Afrique australe (1838-1844.)


Buffle du Cap
African Buffalo
Syncerus caffer
D'Afrique australe. Le plus grand des buffles africains.


Chat jeune
Félis catus (Linné)
Système nerveux, grand sympathique.


Crocodile marin
Crocodilus porosus
Squelette complet.


Baleine franche australe
Southern right whale
Eubalaena australis (Desmoulins, 1822.)

"Échouée en 1818 sur une plage d'Afrique du Sud, cette baleine a été découverte par le voyageur-naturaliste Pierre Antoine Delalande. Les ossements furent reconstitués sous la direction de l'anatomiste Georges Cuvier en 1822. Louis Antoine Desmoulins, élève de Cuvier, utilisa ce spécimen pour la première description, faisant de cette pièce le type de l'espèce.
Cette baleine vit principalement en Antarctique mais elle se rencontre aussi au sud des océans Pacifique et Indien, et en Atlantique Nord. Pesant jusqu'à 50 tonnes, elle se nourrit de plancton et de petits poissons. Solitaire, elle migre en hiver lors de la période d'accouplement et retrouve ses congénères au sud de l'Argentine. Durant la reproduction, la compétition entre mâles est très importante et une femelle peut parfois s'accoupler simultanément avec plusieurs individus. Les mâles ont la particularité d'avoir les plus gros testicules du règne animal: ils pèsent en moyenne une tonne."



La galerie de paléontologie se trouve au premier étage pour les vertébrés et au second étage pour les invertébrés.

"La paléontologie est la science qui traite de l'histoire et de l'évolution de la vie sur Terre depuis plus de 3 milliards d'année. Elle est fondée sur l'étude des fossiles.

Dans cette galerie historique, les fossiles retracent plus de 600 millions d'années de l'histoire de la vie.

Au 1er étage, les vertébrés exposés illustrent toujours le grand troupeau de l'évolution selon la mise en place réalisée par le paléontologue Albert Gaudry en 1898."





Sarcosuchus imperator
Reptile (Archosaure) - Crocodilien
Crétacé inférieur - Aptien-Albien - 110 millions d'années environ
Niger - Désert du Ténéré - Gadoufaoua.

"Sarcosuchus imperator est, comme son nom l'indique, l'empereur des crocodiles "mangeurs de chair."
Ce reptile (on dit aujourd'hui archosaure) est l'un des plus grands crocodiles du monde. Il pouvait mesurer jusqu'à 10 mètres pour un poids de quatre tonnes.
Prédateur redoutable, il devait être doté d'une bonne ouïe et d'une vue excellente. Ses mâchoires garnies d'une centaine de dents constituaient un véritable piège à poissons. Il se nourrissait également de tortues, de lézards et de grands dinosaures herbivores venant s'abreuver dans les eaux des fleuves qu'il fréquentait. Ce qui ne l'empêchait pas de pratiquer des activités plus pacifiques comme le bain de soleil, destiné à réguler sa température interne.
Son museau en forme de spatule se terminait par une narine bulbeuse témoignant d'un odorat exceptionnel. Son corps est protégé par deux plastrons dorsal et ventral composés de plaques osseuses appelées ostéodermes, et formant un véritable bouclier."


Lepidotus Lævis
Calcaire lithographique de Cerin (Ain.)


Arsinotherium zitteli
Mammifère - Embrithopode
Oligocène inférieur - 35 millions d'années environ
Égypte - Fayoum
Moulage donné par le British Museum en 1908.

"Cette tête étrange appartient à un mammifère de grande taille (1,75 mètre au garrot) à l'allure de rhinocéros, mais sans équivalent dans la nature actuelle. Le trait le plus frappant est la présence de deux énormes cornes nasales unies à leur base, projetées vers l'avant, et de deux petites cornes frontales. Malgré leurs dimensions, ces cornes n'augmentaient pas considérablement le poids du crâne car elles étaient creuses. La trace de vaisseaux sanguins sur leur surface permet de penser qu'elles étaient recouvertes de peau comme les petites cornes des girafes. La dentition d'Arsinotherium est également étonnante; l'arcade dentaire est complète: les 44 dents très hautes étaient sans doute destinées à broyer des végétaux coriaces."


Œuf de Aepyornis Maximus
I. Geoffroy-Saint-Hilaire, 1851
Ratite (Oiseau coureur) géant du Quaternaire de Madagascar
Capacité: 7 litres
(Aepyornithiforme; aepyornithidé.)
 

vendredi 19 juillet 2013

Héraklès sur les vases peints de la Grèce antique au musée du Louvre


La vitrine N°5 de la salle 39.
Les anciens Grecs aimaient beaucoup Héraklès, héros aussi exceptionnel que populaire et ont donc beaucoup représenté ses exploits sur leurs vases. Le musée du Louvre en a une collection vraiment impressionnante, dans la galerie Campana, au premier étage de l'aile Sully; certaines des pièces exposées font partie des plus anciennes représentations du demi-dieu que nous connaissons.
 

Retrouvons les exploits les plus notables de notre héros en quelques vases particulièrement remarquables...

 
 
Héraklès enfant étouffant les serpents
Stamnos à figures rouges
Peintre de Berlin - Athènes, vers 480-470 av J.-C. - Provenance: Vulci
(Salle 44, vitrine N°23.)
 
Déjà dans son berceau, Héraklès fait preuve d'une force et d'un courage hors du commun: il étouffe les deux serpents envoyés par Héra tandis que son demi-frère Iphyclès se jette apeuré dans les bras de leur mère Alcmène. Athéna, représentée avec l'égide (peau de chèvre bordée de petits serpents) et la lance, veille déjà sur les exploits de son demi-frère.
Le stamnos est une grande jarre à deux hanses contenant le vin du banquet.
 
 
 
Héraklès et le lion de Némée
Fragment de cratère en calice
Signé par Euphronios, peintre - Athènes, vers 515-510 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
 
Héraklès et le lion de Némée
Mastoïde à figures noires
Groupe du Louvre F166 - Athènes, vers 535-520 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
 
Héraklès et le lion de Némée
Lécythe à figures noires
Peintre de Diosphos - Athènes, vers 500-475 av J.-C. - Provenance: Tanagra (?)
(Salle 39, vitrine N°5.)




























Pour combattre le terrible lion de Némée dont la peau ne peut pas même être égratignée par la lame la plus affûtée, Héraklès se dépouille de ses vêtements et de son épée qu'il accroche à un arbre. C'est donc nu, à la mode des lutteurs, qu'il affronte la bête puissante qu'il finit par étouffer.
Sur le lécythe, le peintre a encadré sa scène d'un décor végétal stylisé de toute beauté. Des palmes dessinent des arabesques. L'arbre est représenté de façon schématique: un trait plus épais pour les branches et des pointillés pour les feuilles et les fruits.
Un lécythe est un petit flacon destiné à contenir les huiles parfumées utilisées pour la toilette.
 
  
 
Héraklès et l'hydre de Lerne
Lécythe à figures noires
Peintre de Diosphos - Athènes, vers 500-475 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 

Héraklès et l'hydre de Lerne
Amphore à figures noires
Manière du Peintre de Princeton - Athènes, vers 540-530 av J.-C. - Provenance: Grèce (?)
(Salle 39, vitrine N°5.)

 
L'hydre de Lerne, avec ses neuf têtes, est peut-être le monstre le plus impressionnant que combat Héraklès.
Sur l'amphore, on voit notre héros saisir à pleines mains l'hydre malfaisante. Derrière lui, Athéna veille. Et Héraklès peut compter sur le concours de son neveu Iolaos, représenté casqué. Quant à l'hydre, elle est secondée par un gros crabe, qui cherche à pincer le demi-dieu mais qui finit écrasé. On peut noter le contraste entre la forme ondulante du monstre et l'attitude figée des personnages.
L'amphore est utilisée pour transporter et stocker le plus souvent le vin et l'huile.
 
 
 
Héraklès et le sanglier d'Erymanthes
Amphore à figures noires
Manière du Peintre de Lysippidès - Athènes, vers 520-510 av J.-C. - Provenance: Vulci
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
Lorsqu'Héraklès apporte à son cousin Eurysthée le féroce sanglier d'Erymanthes, l'homme est tellement épouvanté par l'animal qu'il court se réfugier dans une jarre. Fidèles soutiens de notre héros, Athéna, avec l'égide et la lance, et Hermès, avec le caducée et les bottines ailés, assistent à la scène.
 
 
 
Héraklès et la biche de Cérynie
Amphore à figures noires
Athènes, vers 530-520 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
Il a fallu à Héraklès toute une année pour capturer la merveilleuse biche de Cérynie aux cornes d'or et aux sabots d'airain. Mais Apollon et sa mère Léto veulent récupérer l'animal consacré à la déesse Artémis. Le dieu saisit la biche par les pattes tandis qu'Héraklès se retourne, menaçant, donnant à la scène une tension dramatique dont le centre est constitué par le corps frêle de l'animal.
 
 
Héraklès et les oiseaux du lac Stymphale
Amphore à figures noires
Peintre de Diosphos - Athènes, vers 500-490 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
Parfois, afin de créer des représentations plus esthétiques et plus harmonieuses, les peintres s'éloignent du mythe. C'est le cas ici, où les affreux oiseaux du lac Stymphale sont devenus de très gracieux volatiles aquatiques, noirs à plumes blanches et blancs à plumes noires. Héraklès manie sa fronde afin de les effrayer.
 
 
Héraklès et le taureau de Crète
Trois lécythes à figures noires
Vers 480 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
 
Héraklès et le taureau de Crète
Mastoïde à figure noires
Peintre de Haimon - Athènes, vers 500-475 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
Excité par Poséïdon, le colossal taureau de Crète charge tout ce qu'il voit, museau à terre. Confiant en sa force et toujours sous le regard d'Athéna, Héraklès n'a aucune difficulté à l'arrêter.
Sur le mastoïde, le peintre a stylisé ses personnages: il a simplement incisé quelques traits blancs sur la masse noire pour figurer le drapé d'un vêtement ou les formes d'un visage. De fins traits entourés de points suffisent à représenter la végétation, avec beaucoup de légèreté, ce qui contraste joliment avec la masse imposante du taureau.
Un mastoïde est un gobelet.
 
 
Héraklès et les Amazones
Amphore à figures noires
Athènes, vers 530-520 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
Pour l'anniversaire de sa fille, Eurysthée souhaite lui offrir la ceinture d'Hippolyte, la reine des Amazones. Il envoie naturellement Héraklès la quérir. Héra ayant envenimé les choses, le demi-dieu se trouve forcé de combattre les vaillantes guerrières et tue leur souveraine.
 
 
Héraklès et le triple Géryon
Amphore à figures noires
Signée par Exékios, potier - Groupe E - Athènes, vers 550-540 av J.-C. - Provenance: Vulci
(Salle 42, vitrine N°16.)
 
Héraklès doit aller dérober le troupeau de bœufs rouges du géant Géryon, qui n'a normalement que deux jambes, même si le peintre lui en a ici représentés six. Éliminé par le héros, Eurytion, le gardien du troupeau, est à terre. Pour effrayer son adversaire, Géryon porte un bouclier orné d'une tête de Gorgone.
Cette amphore comporte plusieurs inscriptions en grec: le nom des personnages, ainsi que celui du célèbre potier, Exékias, spécialiste des grands vases.
 
 
Héraklès et Cerbère
Amphore à figures noires
Athènes, vers 510 av J.-C. - Provenance: Camiros (Rhodes)
(Salle 39, vitrine N°5.)
 
Eurysthée demande à Héraklès de lui ramener Cerbère, le chien à trois têtes qui garde les enfers. Guidé par Hermès, le héros parvient à s'acquitter de sa mission, mais une fois encore, Eurysthée, mort de frayeur, court se cacher dans une jarre. Héraklès est contraint de ramener Cerbère à Hadès et Perséphone.
 
 
Héraklès, Déjanire et Nessos
Hydrie à figures noires
Peintre du Vatican 309 - Athènes, vers 575-550 av J.-C.
(Salle 39, vitrine N°4.)
 
Cette scène entre Héraklès, sa seconde épouse Déjanire et le centaure Nessos, entraînera la mort tragique du héros. Le couple devant traverser une rivière, Nessos propose son aide pour porter Déjanire, mais essaie d'abuser d'elle. Furieux, Héraklès le blesse mortellement. Avant d'expirer, le centaure conseille à Déjanire de recueillir un peu de son sang afin d'en faire un philtre, utile pour le jour où elle doutera de la fidélité de son époux; elle n'aura qu'à alors en imbiber une de ses chemises pour qu'il lui revienne. La situation se présente quelques années plus tard et Déjanire envoie à son mari une tunique teinte du sang de Nessos. Ressentant une brûlure atroce dès qu'il la passe, Héraklès demande alors qu'on l'achève.
 
 
Dominique Pierre,
Les secrets de la mythologie - 10 parcours pour découvrir la mythologie grecque au Louvre,
Paris, 2001.



Summer in the city



jeudi 18 juillet 2013

L'été à Paris

Quand mes petits choux sont là...


On boit des pintes en terrasse en jouant aux cartes et en faisant les mots croisés d'Informations Ouvrières.
 



On mange des macarons Ladurée assis un peu n'importe où: framboise, caramel au beurre salé, pistache, chocolat, melon et pétales de rose.











On s'offre les magnifiques petits vernis Essie de la collection Summer 2013: naughty nautical, sunday funday et full steam ahead.
















On traîne à Montmartre...















On joue aux raquettes comme des pros dans le bois de Vincennes.










L'été à Paris, quand mes petits choux sont là, c'est vraiment la grande classe !