dimanche 23 juin 2013

Tony Soprano

 
 
James Gandolfini est mort mercredi dernier à Rome à l'âge de 51 ans, ce qui m'a beaucoup peinée.
 
Il reste pour moi, comme pour beaucoup je suppose, l'inoubliable interprète de Tony Soprano, le parrain mafieux dépressif du New-Jersey dans les six saisons de la série The Sopranos. Avec un jeu tout en puissance et en nuances à la fois, Gandolfini avait su incarner toutes les contradictions d'un personnage, et réellement abject, et profondément touchant.
 
Les Soprano demeurent associés à une période particulièrement triste de ma vie, où je passais beaucoup de temps dans mon lit, fumant des clopes, allant de temps en temps me faire du thé dans la cuisine et contemplant la pile de courrier non ouvert grimper doucement. J'ai dû regarder toute la série en deux ou trois semaines, enchaînant les épisodes. Je me souviens que j'avais la nuit tombée des conversations téléphoniques avec un homme qui traînait par intermittence dans ma vie. Je lui faisais le compte des heures passées dans mon lit - "j'en suis à trois jours consécutifs..." - et je lui racontais les séances de psy de Tony Soprano et ses conflits avec sa mère qui se réglaient à coup de meurtres commandités. Je crois qu'il n'y comprenait pas grand chose. Il finissait toujours par me demander ce que je portais. Je crois qu'il ne comprenait pas grand chose non plus à qui j'étais. C'est sans doute exagéré, mais quand je repense à cette période finalement très horizontale, je me dis que Les Soprano, avec leurs scénarii impeccables et leurs personnages magistraux, m'ont un peu tirée du néant en me racontant une très longue histoire.
 
Quitte à mourir, autant mourir à Rome. James Gandolfini n'en méritait pas moins.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire