samedi 25 mai 2013

L.A. Dance Project au Théâtre du Châtelet




 
 
L.A. Dance Project
Benjamin Millepied,
Founding Director.
 
 
Les 23, 24 et 25 mai.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Danseur et chorégraphe mondialement reconnu, Benjamin Millepied s'est fait connaître du grand public pour avoir été le consultant chorégraphe du film de Darren Aronofsky, Black Swan, et pour avoir épousé l'actrice Natalie Portman.
Élu danseur étoile du New York City Ballet en 2001, il œuvra comme danseur et chorégraphe au sein de cette prestigieuse institution jusqu'en 2011.
Installé alors à Los Angeles, il y fonda le LA. Dance Project. Ce n'est pas à proprement parler une compagnie, mais "un collectif de créateurs, qui souhaite présenter la danse sous toutes ses formes. Il s'est entouré d'artistes, du monde de l'audiovisuel aux arts plastiques, de façon à faire sortir la danse de ses frontières, cherchant à redéfinir la notion même de collaboration artistique."
A compter d'octobre 2014, il sera le nouveau directeur du Ballet de l'Opéra de Paris.
 
 
Le Théâtre du Châtelet est un magnifique théâtre à l'italienne, mais selon les places, la visibilité n'est pas toujours parfaite. Qu'importe, même si la partie droite de la scène m'était un peu cachée, j'ai eu le plaisir d'assister à la représentation du vendredi 24 mai, durant laquelle trois pièces ont été présentées.
 
Tout d'abord Reflections (2013), en création mondiale.
 
Chorégraphie: Benjamin Millepied en collaboration avec Julia Eichten, Charlie Hodges, Morgan Lugo, Nathan Makolandra, Amanda Wells.
Musique: David Lang, this was written by hand / memory pièces (extraits.)
Piano: Andrew Zolinsky.
Lumières: Roderick Murray.
Concept visuel et costumes: Barbara Kruger.
Danseurs: Amanda Wells, Morgan Lugo, Nathan Makolandra, Julia Eichten, Charlie Hodges.
 

 
 
Dans un décor lettré rouge et blanc annonçant tout de suite le propos, "Stay. Think of me thinking of you", des couples de danseurs évoluent magnifiquement, les uns après les autres, à plusieurs ou tous ensemble. Puis pendant un moment, un rideau tombe, remplaçant le "Stay" par "Go." Je me souviens d'un couple enlacé, puis peu à peu, lui la lâche, les bras ballant, alors qu'elle ne cesse de le serrer, presque désespérément. J'en ai été bouleversée aux larmes.
 
 
Venait ensuite Winterbranch (1964).

Chorégraphie: Merce Cunningham.
Musique: La Monte Young: 2 Sounds.
Décors et costumes: Robert Rauschenberg.
Lumières: Beverly Emmons (d'après celles de Robert Rauschenberg.)
Mise en scène: Jennifer Goggans assistée de Robert Swinston.
Danseurs: Aaron Carr, Rachelle Rafailedes, Amanda Wells, Nathan Makolandra, Julia Eichten, Morgan Lugo.



Cette œuvre s'est avérée particulièrement déstabilisante et a d'ailleurs été beaucoup sifflée par le public. La danse semble étrangement noyée au milieu de tout le reste, et elle n'est jamais mise en valeur, de façon manifestement délibérée. Dans un grand décor assez sombre et plutôt brut, qui ressemble d'ailleurs un peu aux grands espaces en sous-sol du Palais de Tokyo, les danseurs ne sont qu'un élément parmi d'autres: ils évoluent, seulement balayés de façon presque hasardeuse par une lumière qui évoque les projecteurs des miradors. Le silence dure longtemps, remplacé peu à peu par une musique très expérimentale, aux notes grinçantes et très dissonantes. Les corps se tordent, s'appuient les uns sur les autres mus par une sorte de nécessité et ceux qui n'y résistent pas sont évacués dans des brancards improvisés dans des morceaux de tissus. J'ai beaucoup pensé à l'univers sombre et impitoyable des travailleurs du Métropolis de Fritz Lang. Le spectateur est provoqué bien sûr, car on est très loin de l'image de fluidité et d'harmonie que véhicule habituellement la danse, mais je dois dire que ça m'a plu.


La soirée s'est achevée avec Quintett (1993).

Chorégraphie: William Forsythe en collaboration avec Dana Caspersen, Stephen Galloway, Jacopo Godani, Thomas McManus, Jone San Martin.
Musique: Gavin Bryars, "Jesus' Blood Never Failed Me Yet".
Costumes: Stephen Galloway.
Lumières: William Forsythe.
Mise en scène: William Forsythe, Stephen Galloway, Thomas McManus, Jone San Martin.
Danseurs: Nathan Makolandra, Amanda Wells, Charlie Hodges, Morgan Lugo, Julia Eichten.



Difficile de traduire certains moments en mots. Sur une magnifique musique, répétant la phrase "Jesus' blood never failed me yet" un peu comme un mantra, c'est toute la beauté de la danse qui s'est déployée, jusqu'au ravissement. On voudrait que jamais ça ne s'arrête. Les danseurs ont été ovationnés par le public, cette fois totalement conquis.





Très belle soirée, de celles qui restent longtemps en mémoire...
Je suis ravie d'avoir découvert Charlie Hodges, un danseur prodigieux, magnifique. Le voir danser, c'est déjà un peu pénétrer au paradis. Rares sont ces émotions exceptionnelles.

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