dimanche 28 avril 2013

Retour au Palais de Tokyo pour un Rendez-Vous

Contrairement à ce que j'avais annoncé précédemment, l'émission de France Culture Le Rendez-Vous a lieu tous les vendredis en direct du Palais de Tokyo jusqu'à la fin du printemps, et non pas uniquement durant le mois de mars. Désolée... Il est donc toujours possible d'y assister le vendredi soir, de 19 à 20 heures.
J'y retourne donc ce vendredi. Initialement, les invités devaient être Michel Houellebecq et Jean-Louis Murat, mais tous deux ont annulé. Dommage pour Murat, mais je déteste Houellebecq et comme j'ai déjà vu un prix Goncourt en chair et en os en la personne de Marie N'Diaye, sa présence n'avait pas le moindre intérêt pour moi.

 

Comme à l'accoutumée, l'émission commence avec le journal de la culture. Samedi 27 avril se déroule la 15ème fête de la librairie indépendante avec l'opération "un livre, une rose." Une librairie de Lille propose quant à elle "un livre, une saucisse", ce qui a beaucoup fait rire Laurent Goumarre. Pour ma part, je trouve que c'est une excellente idée; j'adore les fleurs mais je suis encore plus gourmande et ne dis jamais non à de la bonne charcuterie. Néanmoins, malgré ces touches d'humour, la situation des librairies reste difficile. Le réseau de librairies indépendantes Chapitre est dans une passe préoccupante. Un CE doit se tenir le 3 mai prochain et 12 librairies sur 57 pourraient fermer. Chapitre a été racheté par des fonds de pension américains qui peut-être ne s'intéressaient qu'à la branche de vente en ligne. C'est un vrai problème en province où les librairies sont déjà peu nombreuses et il faut savoir que 48%  des français n'achètent pas de livres. Pour ma part, je suis une habituée de la librairie Le Divan rue de la Convention dans le 15ème arrondissement, qui est un de mes endroits favoris. J'y flâne chaque mercredi ou presque...



Les brèves ensuite.
Deux têtes d'animaux en bronze, œuvres d'art  issues du pillage du Palais d’Eté de Pékin et qui ont fait l'objet d'une vive polémique lors de leur mise en vente à Paris en 2009, vont être restituées à la Chine par la famille Pinault.



Horst Tappert, comédien allemand, inoubliable interprète du non moins fameux inspecteur Derrick, aurait été membre de la Waffen-SS durant la guerre et non simple ambulancier dans la Wehrmacht comme il l'avait toujours affirmé.
Une star de la botanique au Royaume-Uni, qui collabore notamment avec la BBC, a mené une expérience afin d'étudier le rapport entre la croissance des plantes et l'ambiance musicale. Il a donc installé quatre serres, sonorisées différemment: une avec uniquement le silence, une avec de la musique classique, une avec du Cliff Richard et la dernière avec du Black Sabbath, groupe de Heavy Metal britannique. Toutes les plantes exposées à du Cliff Richard ont crevé, mais le botaniste se demande si ce n'est pas du sabotage...

 

Arman Méliès est l'invité de la session pour son nouvel album, IV. Cet artiste a notamment collaboré avec Hubert-Félix Thiéfaine et Julien Doré.
Il interprète deux chansons à la guitare: "Mon plus bel incendie", puis "Dans la cendrée", que j'ai préférée à la précédente. Ce sont des chansons plutôt agréables, mais qui ne m'ont pas séduite outre-mesure.
A noter que dans le clip de "Mon plus bel incendie", Arman Méliès fait exécuter allégrement tout le gratin de la chanson française. Je vous laisse découvrir...









Serge Lehman est le premier invité de ce vendredi. Situationniste, théoricien de la Science-Fiction, cet auteur de BD revient avec le Tome 4 de sa série Masqué, intitulé Le Préfet SpécialMasqué raconte l'histoire d'un ancien militaire qui, de retour à Paris, est confronté à une série d'événements étranges. Sous le nom de L'Optimum, il devient un super-héros dans la lignée du Nyctalope du début du XXème siècle. Dans les tomes 3 et 4, il combat le préfet diabolique. (Je tiens d'ailleurs à préciser que le préfet de Paris diabolique a réellement existé: il s'appelait Maurice Papon.) En se nourrissant de la tradition française du Nyctalope mais également de celle des comics américains, Serge Lehman a voulu réhabiliter le super-héros à Paris. Le super-héros en effet n'apparait plus après la deuxième guerre mondiale en Europe, où l'idée du surhomme n'a déjà que trop suffisamment fait parler d'elle. Il n'y a plus alors que des super-vilains, comme dans La Marque Jaune.
J'ai trouvé Lehman très intéressant et j'irai voir à la bibliothèque si je peux trouver ses BD.




Thomas Clair consacre cette semaine sa chronique au magazine NEON, "journal branché comme son nom l'indique, sympathique et gai" qui a un an maintenant.
Micro-trottoir: quel a été ton pire râteau ? Une jeune femme abordée en boîte de nuit: "C'est pas qu't'es beau, c'est pas qu't'es moche. T'es moyen."
Reportage: c'est quoi cette cicatrice ?
"Light, trop light et une part anorexique laissée à la culture", Thomas Clerc conclue: "trop cool pour moi."
Mais une fois encore une chronique tout à fait à mon goût !



Le second invité est Bernard Quiriny, critique, nouvelliste (textes fantastiques) et professeur de Droit à l'Université de Bourgogne, qui présente son ouvrage biographique Monsieur Spleen. Notes sur Henri de Régnier.
Epoux de Marie de Heredia, la fille du poète, qui le trompait sans vergogne, l'écrivain Henri de Régnier reste finalement pour la postérité le plus grand cocu de la littérature française. Son fils était en fait celui de Pierre Louÿs et il n'aurait peut-être même jamais touché sa femme qui n'a cessé de l'humilier. Autant de revers qu'il a supporté avec un parfait stoïcisme, ce qui fait un peu la grandeur de l'homme selon Bernard Quiriny. L'homme de Lettres en tout cas a connu un succès très important avant d'être totalement désavoué (par Gide notamment) puis pratiquement oublié. "La postérité a été assez cruelle."
L'auteur a lu peu à peu ses 40 livres, non réédités, puis a décidé d'en faire un 41ème.
A travers cet ouvrage, Bernard Quiriny propose une distinction entre deux types d'écrivains. Les successifs, qui fignolent chaque page: la page deux n'est abordée que lorsque la première est jugée parfaite. Et les assemblistes, qui rédigent un grand jet d'un seul coup, puis qui y reviennent pour retailler, dégraisser et ciseler l'ensemble. Intéressant.


Bref, un Rendez-Vous comme je les aime, pertinent, drôle et nourrissant (même si on n'offre pas de saucisses...)
Sans doute échaudé, Laurent Goumarre n'a pas voulu dévoiler le nom des invités du prochain vendredi. A suivre.
 


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