dimanche 31 mars 2013

Woyzeck [Je n'arrive pas à pleurer]

Pièce d'après Georg Büchner
Adaptation, écriture, mise en scène: Jean-Pierre Baro
 
Scénographie, vêtements, accessoires: Magali Murbach & Jean-Pierre Baro
Création sonore: Loïc Le Roux
Création vidéo: Vincent Prentout
Création lumière: Bruno Brinas
 
Avec: Simon Bellouard, Cécile Coustillac, Adama Diop, Sabine Moindrot, Elios Noël, Philippe Noël, Tonin Palazzotto
 
Le Monfort Théâtre, Paris 15ème
Jusqu'au 06 avril 2013.
 
 

La pièce est le mélange de deux textes, deux histoires, deux époques, deux pays.
Woyzeck est l'oeuvre de l'écrivain allemand du XIXème siècle Georg Büchner. Il s'est inspiré d'un fait divers: le meurtre de sa maîtresse à coups de couteau par un ancien soldat, qui sera exécuté sur la place du marché de Leipzig en 1824. Büchner entame sa pièce à l'automne 1836, mais meurt brusquement du typhus en février 1837, à l'âge de 23 ans. Woyzeck n'est donc constitué que de fragments plus ou moins regroupés en quatre manuscrits; on ignore notamment complètement la fin que l'auteur prévoyait de donner à son drame. De ce fait, l'oeuvre inachevée se prête bien aux interprétations, aux reconstructions et aux mélanges avec d'autres textes.
Je n'arrive pas à pleurer est l'oeuvre du comédien et metteur en scène Jean-Pierre Baro. Il a écrit ce texte à partir d'entretiens réalisés avec sa mère, qui raconte l'histoire du père, travailleur immigré sénégalais dans la France des années 1960 et 1970.

Il faut dire d'emblée que le lien entre les deux textes, entre les deux thématiques, n'est pas évident au premier abord. Et de ce fait, le début du spectacle est un peu déstabilisant.

Mais par les choix de mise en scène, Jean-Pierre Baro parvient à agréger ces deux destins tragiques. Les comédiens évoluent sur un même plateau, mélangeant habilement les deux époques, les deux intrigues. Si les deux femmes centrales des deux histoires, Marie, la maîtresse de Woyzeck autour de laquelle se noue la tragédie, et la mère de Baro qui narre le destin français du père, ont un rôle bien distinct, l'homme lui est unique, renforçant ainsi le sentiment d'unité de ces deux existences. Adama Diop ne joue pas successivement Woyzeck et le père de Baro: la mise en scène fait qu'il incarne les deux hommes de façon concomitante.

Ainsi se tisse l'idée d'une destinée commune entre ces deux êtres déclassés, méprisés, qui perdent peu à peu le contrôle de leur vie. "Nous les pauvres" dit Woyzeck. "Mécanicien, il est arrivé sur un nouveau lieu de travail et tout de suite on lui a donné un balai" dit la mère. Le poids des hiérarchies militaires, des stéréotypes raciaux et des pressions familiales finira par les écraser tous deux, jusqu'au drame final: le crime passionnel pour l'un, l'alcoolisme destructeur pour l'autre.


La mise en scène soignée, la beauté du décor et des effets (un lancé de paillettes rouges sang, magnifique !) et une excellente musique sortie d'un juke-box (Ike et Tina Turner, etc.) tiennent sans peine le spectateur en haleine jusqu'au point de rupture annoncé. Si le jeu d'Adama Diop ne m'a pas toujours paru très inspiré, Sabine Moindrot, superbe jeune comédienne incarnant la fiancée de Woyzeck, me semble à l'aube d'une belle carrière.

Laissons pour conclure la parole à Jean-Pierre Baro:
"Il s'agit de deux photographies d'un même thème représentées par deux femmes: Marie, l'héroïne de Woyzeck et La femme de Je n'arrive pas à pleurer, celle qui témoigne. Entre ces deux femmes, il y a un enfant qui écoute et vit dans les deux histoires."


vendredi 29 mars 2013

Prada Candy, la fin !

Et oui, à peine y a-t-on pris goût que c'est déjà terminé...
Trois protagonistes et trois épisodes.
Venez donc par ici découvrir le dernier: Prada Candy L’Eau par Wes Anderson et Roman Coppola, partie 3.


Si deux messieurs, bien de leur personne et ayant de la conversation, souhaitent m'emmener au cinéma, déguster une part de gâteau ou danser, j'étudierai les candidatures avec le plus grand sérieux. Mais je veux bien y aller aussi avec Léa Seydoux.

Tout Offenbach ou presque !

 
 
Livret et mise en scène: Alain Sachs
Avec toute la troupe de La vie parisienne.
15 rue Blanche
75009 Paris
 
 
 
Après avoir triomphé avec La vie parisienne, Alain Sachs explore à nouveau le répertoire d'Offenbach en montant cette fois un spectacle original.
L'intrigue, audacieuse, fantaisiste mais assez bien ficelée, fonctionne à merveille. Sur la scène d'un théâtre, spectateurs et employés se retrouvent comme par magie sous les feux de la rampe, comme dans un rêve dont le dormeur ne serait autre qu'Offenbach lui-même. On ne sait plus très bien alors si l'on est dans un lieu de spectacle ou dans la chambre à coucher du maître, mais qu'importe car très vite, les instruments de musique sont distribués, décors et costumes valsent à un rythme effréné et nous partons en voyage dans l'œuvre du compositeur du XIXème siècle. Avec beaucoup de talent et d'entrain, semblant réellement s'amuser autant que le public, la troupe de 13 comédiens, chanteurs, danseurs et musiciens, revisite beaucoup d'airs méconnus mais également quelques grands classiques.
 
 
 
 
 
 
Offenbach, c'est toujours une grande vague de bonne humeur. La danse, la musique et le chant nous enveloppent dans leur légèreté et pourraient j'en suis sûre redonner le sourire aux plus renfrognés. Mais à la manière des pièces de Beaumarchais et de certains opéras de Mozart, Offenbach se montre très irrévérencieux et fait souvent rire aux dépens des puissants. Il n'épargne ni les militaires, ni les bourgeois hypocrites et chez lui, le domestique est souvent plus futé que le patron.
 
 
Avec beaucoup d'astuce, le spectacle s'achève d'ailleurs avec la présence tendre et facétieuse d'Offenbach lui-même, représenté par une belle petite marionnette qui capte le regard. Le compositeur vient nous saluer et évidemment, c'est lui aussi qui reçoit les acclamations du public.
 
Pour ma part, j'ai quitté le théâtre de Paris en attendant avec impatience le prochain spectacle d'Offenbach auquel j'aurai le plaisir d'assister. Le plus tôt sera le mieux ! C'est tellement drôle ! 

jeudi 28 mars 2013

Wake up alone

Blake & Amy.
Romance trash.


Prada Candy, la suite !

Vous êtes impatients de connaître la suite ?
 
 
 
"Le double vanille, chocolat et crème d'amandes ! Mon préféré !"

Rendez-vous manqué

Je suis à nouveau allée assister à l'émission de France Culture, Le rendez-vous, vendredi dernier au Palais de Tokyo. J'étais très impatiente, car la principale invitée était Angela Davis et apparemment, je n'étais pas la seule car il y avait beaucoup de monde dans le public.
 
 
Je dois dire que j'étais assez émue de voir cette femme en chair et en os, à quelques mètres devant moi, petit morceau vivant d'histoire contemporaine américaine. Et de façon plus personnelle, j'ai eu le sentiment d'un petit voyage dans le temps. J'ai lu en effet An autobiography par Angela Davis lorsque j'étais en deuxième année de fac à Dijon. Je me souviens parfaitement du livre à couverture rougeâtre que j'avais trouvé dans une brocante et qui m'avait beaucoup marqué. Cette période de ma vie, bien qu'assez lointaine à présent, ressemble finalement un peu à ce qu'est mon existence aujourd'hui...
Mais revenons au déroulement de l'émission.
 
 
Le journal de la culture s'est ouvert sur un coup de tonnerre, ou tout du moins ce qui était présenté comme tel: l'annonce de la fermeture de la galerie d'art parisienne de Jérôme et Emmanuelle de Noirmont, parmi les plus importants galeristes de la capitale, qui ont permis entre autres la découverte de Jeff Koons. Une interview du principal intéressé, qui plaignait en substance les pauvres entrepreneurs obligés de quitter le pays, nous a directement plongé en pleine réaction.
Les brèves ensuite:
- la disparition de l'écrivain nigérian Chinua Achebe.
- Koh-Lanta au Cambodge, premier jour: un mort.
Moins macabre, il n'y aurait plus que trois candidats sérieux pressentis pour prendre la tête du Musée du Louvre: Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon, Jean-Luc Martinez,  directeur du département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre, et un candidat mystère. Quel suspense !
Enfin, nous avons eu le plaisir d'avoir des nouvelles de l'émission M6 Déco. Pour ma part, je les ai déjà subis sur mon lieu de travail, dans une de leurs grandes opérations de marketing caritatif. L'émission était donc allée œuvrer dans la demeure d'une famille très modeste de Picardie, avec neuf enfants. Leur garage avait été transformé en pièce à vivre de 80 mètres carrés. Et grâce à cela, ces personnes qui ne payaient pas d'impôts se sont vues réclamer une taxe foncière de 2500 €. Merci qui ? Merci Valérie !
 
 
 
Mélissa Laveaux était l'invitée de la session. Cette fille de la diaspora haïtienne, qui a grandi au Canada, a joué deux titres de son dernier album, dont la chanson Pretty girls.
Je l'ai trouvée très bien habillée, avec une petite robe noire à col blanc très sage, un collant noir opaque et un petit gilet corail assorti à des ballerines Lacoste. C'était du meilleur effet avec sa guitare électrique rouge vif et elle était vraiment très mignonne.
Par contre, sa musique est sans doute moins ma tasse de thé que son dressing...
 
 
 
 
 
 
 
Enfin, ce fut le tour d'Angela Davis. Un documentaire retraçant sa vie et ses combats politiques va sortir le 3 avril prochain: Free Angela, de Shola Lynch.
Nous avons entendu une bande sonore, avec la voix de Jean Genet qui, en 1970, soutenait publiquement Angela et les Black Panthers. Elle était en effet accusée à l'époque d'avoir organisé une prise d'otage ayant entraîné la mort d'un juge et de quatre autres personnes. Après des mois de fuite et une arrestation par le FBI, il y eut un long procès mais également une grande mobilisation pour la libération d'Angela, et notamment en France. Elle dit aujourd'hui se souvenir de cette époque, du soutien de personnalités comme Aragon et Prévert, avec émotion.
Elle milite toujours sur la question des prisons aux États-Unis. Interrogée sur le problème des armes, Angela Davis, s'est prononcée contre. Elle soutient également le fait de retirer les armes à la police, car ça constitue un problème pour la démocratie.
Elle a très peu pu s'exprimer sur l'impérialisme US, sur la condamnation du capitalisme et sur la question noire aujourd'hui. Les journalistes n'ont cessé de l'emmener sur le terrain du féminisme et de son homosexualité, soi-disant révélée tardivement.  Angela a fait référence à la philosophe Judith Butler pour qui le genre est une construction sociale.
Bref, toujours les mêmes sujets, ceux dont on parle partout avec les mêmes mots ou presque. L'ultra consensuel sous un joli vernis légèrement polémique ne convainc plus que ceux qui en discutent sur les ondes... J'étais très déçue par la tournure donnée à l'émission: recevoir Angela Davis et n'en faire que ça ? Vraiment ?
 
 
 
 
Thomas Clerc et sa chronique m'ont un peu remonté le moral. Il présentait cette semaine l'hebdomadaire Jeune Afrique, magazine phare de l'Afrique francophone, "jeune" depuis tout de même 53 ans.
Avec un demi-sourire, Thomas Clerc a affirmé goûter son exotisme avec une touche d'orientalisme occidentalisant, mais a trouvé que l'économie y était bien trop présente. Il souhaiterait donc un peu plus l'Afrique et un peu moins les affaires ou comme il l'a joliment dit: "un magazine moins proche d'Angela Merkel et plus proche d'Angela Davis."
 
 
 
 
Marie N'Diaye venait clore l'émission avec son dernier roman, Ladivine, paru chez Gallimard.
Je ne connaissais pas beaucoup Marie N'Diaye, si ce n'est à travers les articles de presse qu'a suscité son prix Goncourt et j'ai été très marquée au premier coup d'œil par sa grande beauté: c'est une femme au physique magnifique.
Ladivine paraît constituer un diptyque a contrario avec Trois femmes puissantes. Il s'agit de trois femmes, mères et filles, et de leurs relations sous le regard d'un chien. "Elles sont tout sauf puissantes" explique l'auteur.
Interrogée sur le fait qu'elle aurait déclaré n'écrire ni en tant que femme ni en tant que noire, Marie N'Diaye a admis qu'il s'agissait pour elle d'une question problématique qui l'embarrassait. "Je suis aux yeux du monde une femme noire. Moi, je l'oublie. Mais je ne peux me départir d'une certaine responsabilité. C'est un rôle. Ce n'est pas réellement moi."
 
 
Et voilà, je suis partie vaguement agacée.
Au Palais de Tokyo, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas.
Cette fois, face à Angela Davis, c'est Le Rendez-vous que j'ai trouvé bêbête...
 
 

mercredi 27 mars 2013

Prada Candy: j'adore ce spot !

Léa Seydoux, Wes Anderson, un Paris de carte postale, un soupçon d'Italie, du cinéma, un triangle amoureux et des sucreries par poignées: c'est tout ce que j'aime, même si ce n'est qu'une pub.
 
 
 
 

mardi 26 mars 2013

Écrire le théâtre à partir de faits réels

Mon ami Aurélien m'avait convié cet après-midi à la SACD, Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, dans le 9ème arrondissement, pour assister à une rencontre organisée par la bibliothèque du lieu et intitulée "Écrire le théâtre à partir de faits réels."

 
Quatre auteurs dramatiques venaient alimenter la discussion, présidée par Michel Azama, auteur de théâtre prolifique et reconnu, ayant, entre beaucoup d'autres choses, collaboré à la naissance du festival Théâtre en mai à Dijon. Il est également l'auteur de l'étude De Godot à Zucco - Anthologie du théâtre contemporain francophone - de 1950 à 2000.
Il a commencé par nous expliquer qu'il n'y aurait pas aujourd'hui de distinguo dans la discussion entre faits réels et faits divers. Les faits réels ont une portée plus large: il s'agit des guerres par exemple. Les faits divers sont plus anecdotiques, bien qu'ils peuvent acquérir une portée symbolique.
L'utilisation des faits réels et divers n'est pas nouvelle, en littérature (Flaubert et Madame Bovary, Emmanuel Carrère et L'adversaire...) comme au théâtre (Jean Genet et Les bonnes.) Michel Azama a également évoqué une pièce moins connue de Marguerite Duras, Les viaducs de la Seine et Oise. C'est un fait divers particulièrement sordide qui avait inspiré Duras. Les morceaux d'un même cadavre avaient été retrouvés dans différents trains et il s'était avéré que tous étaient passés sous le même viaduc. Il s'agissait en fait des morceaux d'un monsieur que sa femme avait découpé  et qu'elle jetait petit à petit depuis le viaduc.
Le fait réel est un matériau très riche au théâtre, qui pose la question du traitement (drame, cabaret, comédie ... ?) et la question du point de vue.
Selon Michel Azama, les quatre auteurs présents, bien qu'évidemment très différents, se retrouvent néanmoins sur des personnages emblématiques, une langue très forte et un désir de dépasser la simple anecdote. Chacun venait parler d'une de ses pièces dont il donnait un ou plusieurs extraits.

Le premier invité était Simon Grangeat, qui venait présenter sa pièce T.I.N.A, non éditée, mais qui va être jouée au théâtre du Rond-Point. T.I.N.A signifie there is no alternative, une phrase de Tatcher, et aborde la crise des subprimes. Il s'agit d'un théâtre politique, ce qui est plus rare aujourd'hui. "Je veux un théâtre qui s'empare du monde, de ce qui nous arrive collectivement." Mais pour autant, la pièce n'apparaît jamais comme réaliste: il y a en permanence un chœur de comédiens, qui permet sans cesse de faire le lien avec le public. Il ne s'agit pas en effet d'une conférence économique et il faut rester sur le plan de la théâtralité. Certains personnages sont réels, comme Bush ou le banquier Lehman, construits à partir de citations ou comme Sarkozy dont un des discours est repris in-extenso. Les répliques sont extrêmement courtes, ce qui donne une dynamique particulière, celle d'une farce, presque d'un vaudeville. Puis le réel revient, reprend sa charge de réel et on ne rit plus du tout.

Milka Assaf a ensuite pris la parole. Cette Franco-Libanaise vient du cinéma où elle a réalisé plusieurs documentaires et trois films de fiction. Elle nous a présenté Les démineuses, pièce éditée aux éditions de l'Amandier et qui sera présentée en octobre prochain au Vingtième Théâtre. Pour un projet de documentaire, Milka Assaf s'est rendu au Liban où elle a passé deux mois et demi à faire de nombreuses recherches sur les femmes qui déminent les terres du sud du pays, infestées de mines suite à la guerre en 2006 entre Israël et le Hezbollah. Mais ce projet a été refusé par les chaînes de télévision et elle a donc décidé d'en faire une pièce de théâtre. On part donc du réel, mais c'est bien la fiction qui mène la danse. Milka Assaf a inventé des personnages, comme Shéhérazade, son double en quelque sorte et Lina, symbole de la jeunesse massacrée. Il y a également une scène avec tous les fantômes, tous les morts de la pièce.

Laurent Contamin a présenté Dédicace, texte publié chez L'Harmattan. Il a entendu un jour en 1996 une information sur son radio-réveil, information dont il n'a bizarrement plus jamais eu vent ensuite: un appelé avait été carbonisé dans une caserne et sa mère devait aller récupérer son corps. Ce fait divers a été source d'inspiration sans en avoir approfondi la réalité. Laurent Contamin en a fait une adaptation bouffonne. " Il est difficile de parler de la monstruosité, j'ai donc choisi une scène burlesque et donc un peu monstrueuse pour choquer le public: on rit et on s'en veut de rire." On est donc sur un rythme de boulevard, avec un système de pression qui monte.



Le dernier auteur était Natacha de Pontcharra, avec Bleu comme jamais le ciel. Elle est partie d'un fait divers lu dans Libé, un crime: un jeune homme d'une vingtaine d'années avait tué un vieil arabe d'un foyer Sonacotra de quarante coups de couteau. Ils semblaient plus ou moins entretenir une relation. Natacha de Pontcharra a fait le choix de parler d'un fait divers trivial avec une langue quasi-poétique. "Il y a nécessité de comprendre, de réhabiliter ce qui nous est jeté à la figure."




Si les textes de Simon Grangeat et de Milka Assaf m'ont bien plu et m'ont plutôt donné envie de voir un jour leurs pièces jouées, les extraits de Natacha de Pontcharra et de Laurent Contamin m'ont nettement moins enthousiasmée.
Qui plus est, j'ai été un peu frustrée, car j'attendais plus de discussions autour des rapports entre théâtre et fait divers; l'après-midi a surtout été consacrée à la présentation par les auteurs dramatiques d'une de leurs œuvres. C'est dommage à mon avis. Mais comme à l'issue de la conférence, j'ai mangé au bar de la SACD de petits sandwichs aux petits pains au lait et de délicieux petits fours, je pardonne tout... 


dimanche 24 mars 2013

La croûte vivante !

Ou une séance photo avec body-painting...
 
 
 
C'était un tel barbouillage, j'avais tellement envie de rire !
Je repensais à mes petits choux qui m'avaient dit: "Et bien le pauvre monsieur, il va lui en falloir de la peinture avec toi !" et ça ne m'aidait franchement pas à garder mon sérieux.
Vraiment quelle drôle d'idée !

vendredi 22 mars 2013

Ike & Tina

La chanson figurait dans la pièce de théâtre que j'ai vue ce soir, plus ou moins une histoire de crime passionnel.
Je crois me rappeler que sans aller jusque là, les choses ont plutôt mal fini entre Ike et Tina...

Pierre et Jean au théâtre

Pierre et Jean
Pièce de Jean Marzouk, d'après Guy de Maupassant
Mise en scène et décors: Jean Marzouk
Avec: Adrien Gibier, Christine Melcer, Julien Romano, Bernard Sender...
Au théâtre du Nord-Ouest, Paris 9ème.

Le théâtre du Nord-Ouest alterne des saisons construites autour d'un unique auteur, dont de très nombreuses œuvres (si non toutes) sont donc représentées, et des saisons tournant autour d'une thématique. J'y avais découvert l'an passé plusieurs pièces de Labiche, très drôles. Pour ce premier semestre 2013, le thème retenu est "Paroles d'aujourd'hui ", regroupant 44 auteurs, sans que la cohérence saute immédiatement aux yeux, il faut bien l'avouer.
Pierre et Jean, de Jean Marzouk d'après Maupassant, entre donc bizarrement dans cette thématique. Mais comme "Paroles d'aujourd'hui", ça ne veut pas dire grand chose, pourquoi pas...


J'aime bien le théâtre du Nord-Ouest, situé près des Grands Boulevards, dans un quartier très animé, qui respire le spectacle et les dîners d'après-spectacle. Au fond d'une jolie cour, l'entrée pavée de verre est éclairée par une coupole, c'est ravissant au premier coup d’œil. Mais à y regarder de plus près, tout y est de bric et de broc: des chaises et de vieux fauteuils dépareillés, des tables bancales, un comptoir de bar un peu douteux...







Le théâtre qui y est joué est à l'image du lieu: charmant mais vieillot. Du théâtre de papa. 
Dans une petite salle très intimiste mais un peu mal fichue avec ses piliers mal placés, la pièce se joue parfois sans tenir compte des spectateurs auxquels on tourne souvent le dos. Costumes et décors paraissent chinés chez Emmaüs. Dans la carafe ébréchée, le jus de pomme joue au vin blanc. On est dans ce théâtre qui tente à toute force d'imiter la vie et qui bien sûr n'y parvient pas. Dans cet à-peu-près de l'existence, les comédiens, étriqués dans leurs costumes, ont l'air toujours un peu maladroit, même si souvent ils ne sont pas mauvais.

Et pourtant, malgré tous ces défauts, bien qu'on soit très loin du théâtre des Amandiers, ça fonctionne.
Ça fonctionne parce que ça raconte une histoire en s'appuyant sur de bons auteurs. Et je ne dis jamais non à une bonne histoire.
Moi qui aime beaucoup Maupassant et qui dois connaître maintenant presque toutes ses nouvelles, je dois avouer que je n'avais pas lu Pierre et Jean. On retrouve dans la pièce tout le ton admirable de l'auteur et son excellence à décrire les comportements petits-bourgeois de la fin du XIXème siècle. On est donc finalement emporté par cette histoire de famille, même s'il m'a semblé qu'une part de la noirceur propre à Maupassant en a peut-être été gommée.
Bernard Sender, qui joue Roland, papa bonhomme et lourdaud, est très juste de drôlerie et de malice. Comme c'est un bon ami d'une de mes bonnes amies, je l'ai vu à plusieurs reprises au théâtre du Nord-Ouest où il se produit régulièrement et j'ai souvent apprécié son jeu.

mercredi 20 mars 2013

Nouveau Rendez-vous au Palais de Tokyo

L'émission de France Culture, Le Rendez-vous, a donc lieu tous les vendredis du mois de mars en public au Palais de Tokyo. J'y assistais pour la deuxième fois vendredi dernier, on peut donc commencer à parler d'habitude...
 
Le journal de la culture s'ouvrait avec l'annonce de la reconduction de Jacques Toubon, ancien ministre de la culture, à la tête de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, qui se trouve Porte Dorée à Paris. Ce musée bénéficie de très peu de soutien populaire; l'aquarium tropical, qui partage les locaux du Palais de la Porte Dorée, accueille beaucoup plus de visiteurs. Créé après la percée du FN en 2002, ce musée a reçu beaucoup de critiques, accusé entre autres de proposer un regard étatique sur l'histoire.
Suivaient deux brèves. Le violon du Titanic, qui avait été retrouvé dans un grenier au Royaume-Uni, a été authentifié. Pour finir, plutôt que d'aborder la chanson Le pingouin de Carla Bruni, qui s'attaquerait en fait à François Hollande, le chroniqueur a choisi de mettre en lumière les deux pandas géants du zoo de Tokyo, dont la mort du petit il y a quelques mois avait bouleversé l'opinion et qui se sont à nouveau accouplés. Bref, un choix assumé et revendiqué de la part du journaliste entre deux infos animalières tout aussi inintéressantes l'une que l'autre !
 
L'invité musical était ce vendredi Peter Von Poehl, un musicien pop suédois qui vient de sortir son troisième album.

Big Issues Printed Small

 

Il a joué deux chansons au cours de l'émission, accompagné du violoncelliste Zack Miskin. J'ai beaucoup apprécié cette pop matinée de folk, c'était vraiment bien. Il faut dire aussi que j'aime beaucoup le violoncelle, un bel instrument agréable à écouter et à regarder.
 
 
 
 
 
 
 

De la jolie forme du violoncelle, nous sommes passés de la forme dans l'art avec le plasticien suisse Thomas Hirschhorn, lauréat du Prix Marcel Duchamps, qui s'est fait connaître en France dans les années 1990. Un DVD retraçant une partie de son travail en vidéo vient de sortir.
 Les œuvres d'Hirschhorn présentent des accumulations d'objets, des photos souvent violentes, des vidéos barrées de scotch, etc.; autant d'éléments donnant l'idée du chaos. L'artiste est souvent identifié à des matériaux: le scotch donc, mais aussi le papier aluminium. "Ce sont des matériaux que tout le monde connait, explique-t-il, qui n'intimident personne." En ce qui concerne ses vidéos, il crée dans une unité de son, de temps et de mouvement.
Il parle ainsi de son travail (quelques morceaux choisis):
"Comment faire une forme dans ce monde que je reçois comme chaotique ? C'est mon problème en tant qu'artiste: comment moi je peux prendre une position et comment je peux lui donner une forme. Tous les grands artistes ont créé une nouvelle forme, mais on vit dans une ère de commentaire, d'opinion. C'est plus facile de parler sur quelque chose. La forme est quelque chose, elle n'est pas sur quelque chose."

Power of Brazil, 2006







Venait ensuite la chronique de Thomas Clerc, dont le ton pertinent et drôle m'a une nouvelle fois enthousiasmée. Il évoquait cette semaine la revue Vacarme et son dernier numéro "Mille milliards de critiques." Je ne la connaissais pas.
L'un de ses co-fondateurs, Mathieu Potte-Bonneville était le dernier invité de l'émission.






Spécialiste de l'œuvre de Michel Foucault, Mathieu Potte-Bonneville a supervisé l'ouvrage La grande étrangère, recueil de textes (cours, etc.) dits (uniquement, et non pas écrits) par Foucault. " La grande étrangère", c'est la définition que Foucault donnait de la littérature. A l'époque, il s'intéresse principalement à la littérature américaine, surtout Faulkner. Mais il cesse finalement d'écrire sur le sujet dès le début des années 1970.





Je ne connaissais ni Peter Von Poehl, ni Thomas Hirschhorn, ni la revue Vacarme, je n'ai jamais lu Foucault et je ne suis jamais allée au Palais de la Porte Dorée. Mais c'est finalement tout le charme de France Culture: on apprend toujours des choses, mais parfois, on se sent un peu bêbête...

dimanche 17 mars 2013

Balade à Auxonne

La première fois que je suis allée à Auxonne, c'était lorsque j'étais étudiante et que je vendais des encyclopédies en porte à porte. J'étais mauvaise dans ce job d'ailleurs, un boulot assez cauchemardesque et très peu lucratif... Je me souviens que nous étions toute une équipe à écumer les petits villages de Côte d'Or pour tenter de placer Tout l'univers ainsi que d'autres gros pavés divers et variés. Tous les coins n'étaient pas forcément riants, loin de là même, mais j'avais bien aimé Auxonne où nous nous étions arrêtés déjeuner deux ou trois jours durant. J'avais trouvé les petites rues autour de l'église toutes mignonnes.
J'ignorais à l'époque que viendrait un temps où j'y passerais mes Noël et une bonne partie de mes vacances.
A l'été 2008 en effet, mes petits choux ont quitté Dijon pour s'installer là-bas, dans une jolie maison. Ce fut le début de mes très nombreux séjours auxonnais.
 
Mais allons faire un tour dans cette petite cité dont nous connaissons déjà l'église... Ah, et nous avons un petit guide...

Commençons par la Place d'Armes, où se trouvent l'église, la mairie et une statue de Bonaparte, qui a été élève à l'école d'artillerie d'Auxonne en 1788/1789 et en 1791.


L'Hôtel de Ville:
façade avant, reconstruite au XIXème siècle par Phal-Blando,
architecte de la ville.
 





Sur le mur de la perception.

 
  
Sur le socle de la statue de Bonaparte, le voici représenté jeune homme, de façon bien emphatique, songeant sans doute au destin exceptionnel qui sera le sien (ou au menu du déjeuner.)
Comme dans tous les lieux où Napoléon est passé ne serait-ce qu'un quart d'heure, il est encore très présent à Auxonne: la statue, sa chambre qui a été conservée à la caserne et un petit musée Bonaparte que je ne suis pas prête d'aller visiter.
Vous l'aurez compris, je ne suis pas bonapartiste...
 

 
 
 
 

Un peu plus loin se trouvent les halles...
 
 
 
... et la rue Carnot.
 
Au N°1 de la rue Carnot...
 
... un porche décoré datant de 1592,
avec de jolis petits cœurs.
 
 

Au N°4, une maison de 1607,
au porche décoré d'animaux et de fleurs...


... avec un masque grotesque.


 

 
 











Notre petit guide, devant l'église.



 
Nous passons ensuite rue Lafayette.
 
 
 


 

Au-dessus d'une pâtisserie.
 
Au coin de la rue Thiers et de la rue Heidesheim se trouve l'ancienne Salle d'Asile.
 
 

Bâtiment du XIXème siècle.

 
Ensuite, la Saône est toute proche. Les bords de Saône sont absolument magnifiques, ce sont des endroits que j'adore.
 
A proximité du Pont de France.
 
 
Les anciens abattoirs sont au bord de la rivière; ils sont décorés d'une tête de vache.
 
 
Quelque peu écornée la vache...
 
Revenons sur nos pas et achetons un goûter chez Simon, la meilleure pâtisserie de la ville. Puis passons à proximité de la Porte de Comté, actuellement en travaux.
 
 
Ancienne entrée Est de la ville,
construite en 1503
et conservée dans les fortifications du XVIIème siècle.
 
Notre balade s'achève dans le square du Souvenir Français (ça ne s'invente pas !), avec le monument aux morts.
 
 
 
 
 
Notre petit guide en profite pour chevaucher fièrement un petit lion.
 
 
 
Merci pour cette charmante visite !

samedi 16 mars 2013

Chloë / -é

L'actrice Chloë Sévigny porte la fameuse robe Violon de chez Chloé, créée en 1983 par Karl Lagerfeld et rééditée à l'occasion des 60 ans de la marque.
 



Chloë Sévigny a toujours une approche ludique et décalée de la mode. Avec sa beauté atypique, je la trouve magnifique dans cette robe.

jeudi 14 mars 2013

Boire un bon petit verre de rouge

Aux Caves de Prague, un petit bar à vins intimiste et chaleureux, proposant une très bonne sélection, ainsi que fromages et charcuteries.



 
Les Caves de Prague
8 rue de Prague
75012 Paris
01.72.68.07.36