dimanche 17 février 2013

Eyolf [quelque chose en moi me ronge]


Pièce d'Henrik Ibsen,
Mise en scène et dramaturgie Hélène Soulié.
Jusqu'au 3 mars.
 
 

J'aime les textes d'Ibsen et celui-ci est vraiment bon. Un couple, confronté à la perte d'un enfant, interroge les liens de possession, les choix motivés par l'inavouable et toute la culpabilité qui en découle. Et aussi la possibilité d'un avenir. Ou pas.

Malheureusement, au théâtre, les meilleurs textes ne suffisent pas si la mise en scène ne suit pas.
Un décor en noir et blanc, avec tout un camaïeu de gris. Un plan incliné en guise de plateau, très peu d'accessoires (une table, quelques chaises) et un éclairage ultra-minimal. Et évidemment, le recours à la vidéo en arrière-plan.
Ensuite des silences. Beaucoup de silences. De longs silences. Et un ton tellement monocorde chez les comédiens. La metteur en scène a dit à l'issue du spectacle qu'elle voulait mettre le texte au premier plan, sans lui attribuer d'intentions à travers le jeux des acteurs et en lui laissant le temps de se développer.

Alors qu'est-ce que ça donne tout ça à l'arrivée ? Les deux messieurs à côté de moi avaient les yeux fermés, une dame devant dormait, de même qu'un couple où la femme avait la tête sur l'épaule de son compagnon. Moi-même j'ai piqué du nez et les fauteuils à L'Aquarium ne sont pas si confortables qu'on puisse y dormir tranquillement... Quant aux lycéens qui étaient là, ils semblaient punis les pauvres.



Je dois dire que cette conception du théâtre m'énerve au plus au point: ces atmosphères pures et minimalistes vues des dizaines et des dizaines de fois, justifiées par un blabla prétentieux, cet entre-soi d'esthètes exigeants pour qui l'ennui est un marqueur élitiste.
Je n'ai pas la prétention de dire ici ce qu'est le théâtre, je ne suis qu'une spectatrice. Le théâtre, c'est sans doute le texte, l'espace, la voix, le corps, l'invisible et l'indicible aussi. Le théâtre, c'est la vie et bien plus. Mais sans doute qu'à un moment, il faut quand même donner quelque chose aux spectateurs.
Par contre, je sais très clairement ce que ne doit jamais être le théâtre: un truc ennuyeux et fade, sans émotion, sans vibration.
J'ai pleuré devant Bérénice, j'ai été terrorisée par Médée, j'ai hurlé de rire devant du Dario Fo.
Là franchement, c'était juste chiant. J'avais envie de rentrer me coucher.

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